Alors que la crise économique génère de fortes tensions sociales conduisant à une situation politique faisant la part belle aux populismes et extrémismes, la tentation sera grande pour les partis d’avoir l’Europe honteuse dans la campagne qui s’ouvre à l’occasion du renouvellement du Parlement européen en mai prochain.

L’Europe est en permanence sur le banc des accusés : tantôt trop lointaine tantôt trop tatillonne, tantôt trop technocratique tantôt trop autocratique, tantôt trop complexe tantôt trop approximative !

La raison est simple : par manque de courage, de conviction ou tout simplement d’ambition, nous faisons de l’Europe le paravent des réformes que nous ne voulons pas mener. L’Europe n’est puissante que parce que nous le voulons. À l’UMP et ailleurs en France, beaucoup de voix s’élèvent pour rappeler que le problème n’est pas l’Europe, mais plutôt ce que nous en faisons.

La présidence Sarkozy de l’Union européenne a révélé au grand jour les ingrédients d’une Europe qui gagne : quand l’Europe a un leader, elle avance ; quand elle a des idées, elle progresse ; quand elle a une vision, elle redevient crédible.

Le travail sans relâche du Commissaire européen Michel Barnier et du Parlement européen a permis de faire évoluer l’Europe vers une économie sociale de marché, de juguler les errements des sirènes de la finance et de poser les bases d’un marché intérieur concurrentiel et mieux harmonisé.

Cette action pour une Europe plus politique, nous devons la poursuivre, la renforcer et la démultiplier : il reste un chemin immense à faire, mais, face à l’euroscepticisme lié à l’absence de leadership européen, ce chemin se fera en réponse aux demandes des citoyens, ou il ne se fera pas.

Or, aujourd’hui, force est de constater que l’affaiblissement de la fonction présidentielle depuis l’élection de François Hollande rejaillit sur l’influence de la France en Europe.

Plus que l’omnipotence de la technocratie bruxelloise, c’est l’inertie du Conseil européen que nous devons blâmer. Oui, la présidence Hollande manque de souffle et d’audace en Europe. Elle s’enferme dans des carcans idéologiques là où le pragmatisme s’impose ; elle bat en retraite là où l’initiative devrait triompher.

Le succès de l’Europe repose sur un couple, celui de la France et de l’Allemagne, et non sur la toute-puissance d’une Allemagne qui imposerait seule ses vues à l’Europe tout entière. Et jusqu’à présent, le président Hollande a fait dérailler le train de la convergence franco-allemande. À la ligne Maginot qui n’aboutirait qu’à un repli défensif sur soi, nous préférons une ligne offensive, qui assume notre héritage européen et propose de changer le présent afin d’assurer l’avenir.

C’est la responsabilité de l’UMP, et de son pendant européen le Parti populaire européen (PPE), d’inventer un nouveau dessein européen.

Seuls l’UMP et le PPE sont capables de porter une espérance crédible tant les socialistes européens sont prisonniers de leur idéologie, tant les libéraux et centristes européens de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) sont écartelés entre deux visions antagonistes de l’Europe et tant les extrémismes et populismes sont prisonniers de leur destin, à savoir prospérer uniquement sur le malheur des autres. Quant aux eurosceptiques, ils marchent à contresens de l’Histoire.

Nous estimons que l’Europe n’est pas une option mais une nécessité. Et l’enjeu n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre l’Europe, mais quel sens et quel corps sommes-nous capables de donner au destin européen.

Nous, Humanistes de l’UMP, nous n’avons ni l’Europe honteuse ni l’Europe bienheureuse, mais nous avons l’Europe chevillée au cœur. Nous pensons que le projet et le débat européens méritent mieux que des anathèmes, des faux-semblants ou des idées reçues.

Dépassons l’Europe des contraintes, des normes et des chimères, pour entrer dans l’Europe des libertés, de l’audace et du volontarisme.

Nous, Humanistes de l’UMP, pensons que le véritable enjeu des prochaines élections européennes sera celui de l’appropriation de l’Europe par les peuples européens, de leur capacité à s’emparer du pouvoir.

L’Europe sera la vôtre, peuples de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne et de tout pays européen, ou elle ne sera pas. Lors des prochaines élections européennes, c’est bien vous qui, par votre vote, élirez indirectement le président de la future Commission européenne, comme le prévoient désormais les règles.

Citoyens européens, prenez le pouvoir, débattons, et construisons ensemble une Europe plus politique, plus forte et plus juste.

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