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Face à la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne, le terme qui me vient à l’esprit pour qualifier cet événement est le terme « responsabilité » :

Responsabilité du peuple britannique : les citoyens ont pris librement leur décision, et celle-ci sera respectée.

C’est d’ailleurs là l’un des paradoxes de ce résultat : fondé en partie sur la critique d’une Europe non démocratique, il est au contraire la preuve flagrante que les Etats nations restent souverains au sein de l’UE, et que les peuples restent maîtres de leur destin.

Les britanniques ont pris librement leurs responsabilités, et il leur appartient maintenant de construire leur avenir sans l’Europe.

Tous ceux qui seraient tentés par cette voie doivent le comprendre : toute sortie est définitive et sans compromis.

Quand on quitte une communauté de 500 millions d’habitants, on ne peut ensuite prétendre lui imposer quoi que ce soit.

Responsabilités des partisans du Brexit : tout le monde le reconnait, y compris en Grande-Bretagne, la campagne s’est déroulée dans un climat délétère, marqué notamment par l’assassinat de Jo Cox.

Ne reculant devant aucun excès, soufflant sur les braises du populisme, mélangeant les questions de politique nationale, les responsables politiques favorables à la sortie ont pris grand soin de ne pas aborder les questions européennes de fond.

Après avoir fait de l’UE la responsable de tous leurs maux, il leur appartiendra maintenant d’expliquer à leurs électeurs comment ils comptent faire face seuls aux grands défis de nos sociétés.

Ce devoir de clarté s’applique également à tous ceux en Europe qui s’en servent comme d’un bouc émissaire.

Qu’ils commencent par expliquer aux citoyens comment ils règleront seuls la question du terrorisme, comment ils règleront seuls la question des réfugiés, comment ils feront face seuls aux grands ensembles politiques et économiques qui se constituent dans le monde.

Responsabilités de l’UE et des Etats membres : quand on parle d’Europe, on oublie trop souvent de rappeler la part prépondérante qu’ont les Etats dans toutes les décisions européennes.

Il appartient maintenant aux institutions européennes comme aux Etats membres de prendre leurs responsabilités et de refonder l’UE.

Mais pour cela, il convient de ne pas se tromper de diagnostic : nul besoin de nouvelles procédures, de nouveaux traités ; l’Europe a besoin de politique avant tout.

Pour cela, l’UE doit se concentrer sur les quelques grands sujets auxquels elle apporte une réelle plus-value par rapport aux Etats.

Les citoyens attendent des réponses concrètes aux gigantesques défis sécuritaires, géopolitiques, économiques auxquels le monde entier est confronté.

Les élections nationales à venir notamment en France et en Allemagne doivent donc être l’occasion de réinventer un projet européen concret et ambitieux, débarrassé de toute tentation populiste à courte vue.

C’est une question de responsabilité pour chacun.

 

Tokia SAÏFI

 

 

 

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