Malgré l’opposition des extrêmes, les eurodéputés ont voté à une très large majorité le déclenchement d’une procédure d’infraction à l’encontre de Viktor Orban et de son gouvernement pour risque de violation grave des valeurs de l’Union européenne.

Cette initiative inédite de la part du Parlement européen intervient après de nombreux avertissements et tentatives de dialogues.

Je me réjouis de ce vote qui n’est pas dirigé contre le peuple hongrois, mais vise au contraire à lui garantir les droits fondamentaux qui sont au cœur de la démocratie européenne.
Fondée sur le principe d’une union des peuples et des Etats, l’UE respecte totalement l’indépendance et la souveraineté de ceux-ci.

La contrepartie de cette liberté des Etats est qu’on ne peut être dehors et dedans en même temps.

On ne peut comme la Hongrie ou la Pologne en appeler à la solidarité européenne pour financer ses routes, ses hôpitaux et ses écoles, et dans le même temps rejeter les règles que nous nous sommes données en commun, rappelons que les gouvernements nationaux adoptent les règles européennes en codécision avec le Parlement européen.

On ne peut vouloir appartenir à une communauté et dans le même temps en rejeter les valeurs essentielles comme l’indépendance de la Justice, celle des médias, les libertés individuelles ou l’accès aux soins.

Tolérer cela reviendrait à réduire l’UE à une simple zone de libre-échange économique sans valeurs et sans garde-fous, et reviendrait de fait à la faire disparaître.

Ne nous y trompons pas, ce risque existe aujourd’hui en Europe : surfant sur les peurs qu’ils ont eux-mêmes contribuées à produire ou qu’ils entretiennent par pur intérêt électoral, certains mouvements politiques prônent plus ou moins ouvertement la déconstruction de l’Europe politique.

Tendance protéiforme allant des partis ouvertement europhobes aux traditionnels partis de gouvernement tentés par cette dérive populiste, ces mouvements ne proposent en réalité aucune solution aux problèmes qui les font vivre.

Unis dans leur rejet des migrants, Salvini et Orban se déchirent dès qu’il faut régler le problème : le premier réclame une relocalisation obligatoire dans tous les Etats membres quand le second refuse tout réfugié sur le sol hongrois.

Ils se retournent alors sur ce qui les rapproche : le rejet de l’Europe et de ses valeurs.

Face à ces alliances d’intérêts, il est temps que tous ceux qui sont attachés à une Europe ambitieuse sachent eux aussi se rassembler pour apporter des réponses conformes aux valeurs européennes que nous partageons.

 

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